Perfectionnisme au travail

Perfectionnisme au travail

La plupart des conseils sur le perfectionnisme disent la même chose : arrêtez, lâchez prise, faites moins bien. Cette perspective crispe plus qu’elle n’aide : qui a envie de faire moins bien, surtout après avoir été éduquée toute sa vie à bien faire ? Personne. La solution n’est pas là. Le perfectionnisme n’est pas qu’un défaut à corriger : c’est souvent ce qui fait votre fiabilité, la qualité de votre travail, la confiance qu’on vous accorde. L’enjeu n’est pas de l’éliminer, mais d’en garder le meilleur, sans la part qui vous épuise.

En bref

  • Le perfectionnisme n’est pas un défaut à éliminer : c’est souvent ce qui fait votre fiabilité et la qualité de votre travail.
  • Il n’est pas un trait de caractère inné, mais une stratégie apprise tôt pour être aimée et protégée, qui persiste longtemps après avoir cessé d’être nécessaire.
  • L’enjeu n’est pas de faire disparaître votre exigence, mais de la rendre soutenable, avec des règles concrètes pour éviter qu’elle ne mène à l’épuisement.

D’où vient votre perfectionnisme

Le perfectionnisme n’est pas un trait de caractère qu’on aurait ou pas. C’est une stratégie, apprise tôt, pour être aimée, protégée, acceptée, par ses parents, ses grands-parents, ses professeurs. Un enfant n’est pas autonome : il dépend des adultes pour survivre, et fait tout pour répondre à leurs attentes, afin qu’ils continuent de s’occuper de lui. Le perfectionnisme adulte est souvent la persistance de cette stratégie, longtemps après qu’elle a cessé d’être nécessaire.

Claire en a fait l’expérience directement. Pour elle, bien faire les choses n’avait jamais été une question de qualité, mais de protection : rester irréprochable pour ne jamais s’exposer au rejet ou à l’humiliation, une façon de passer inaperçue plutôt que d’être vue et jugée. Comprendre cette origine, avec l’aide conjointe d’un travail thérapeutique et du coaching, a changé sa façon d’aborder son propre niveau d’exigence : ce n’était plus une qualité personnelle à défendre, mais un réflexe de protection à interroger.

La perfection n’existe pas

Le perfectionnisme vise un objectif qui n’existe pas : la perfection est une illusion de l’ego et du mental, pas une réalité objective. Ce qui est parfait pour l’une ne l’est pas pour l’autre. C’est l’un des drivers les plus pernicieux qui soient : chercher quelque chose qui n’existe pas condamne à l’insatisfaction, au sentiment d’échec, et à bien d’autres émotions inconfortables. Cet article creuse cette question plus en détail, avec ses effets sur la fatigue et l’épuisement. L’opposé de parfait n’est pas raté : c’est utile et efficace, avec un niveau d’exigence adapté au délai imparti.

Garder le meilleur, sans l’excès

Le travail ne consiste pas à supprimer votre exigence, mais à la rendre soutenable. Une méta-analyse portant sur 43 études et près de 10 000 participants confirme cette distinction : viser l’excellence n’est pas, en soi, ce qui mène au burn-out ; c’est la peur de l’échec et l’auto-critique excessive qui l’accompagnent souvent qui font la différence (Hill & Curran, Personality and Social Psychology Review, 2016).

PrincipeCe que ça veut dire concrètement
La compassion envers vous-mêmePlutôt que de viser parfait, viser au mieux, sachant que le mieux varie d’un jour à l’autre
Sortir du jugement de valeurÉvaluer votre travail objectivement, plutôt qu’à l’aune d’un idéal inatteignable
Ne pas prendre les choses personnellementUne remarque sur un livrable n’est pas un jugement sur vous
Être responsable, pas coupableAssumer votre travail sans vous punir pour ce qui n’a pas été parfait
Vous fixer des objectifs réalistes, pas idéalistesChercher l’amélioration plutôt que la perfection, en capitalisant sur vos expériences précédentes plutôt qu’en repartant de zéro à chaque nouvelle tâche
Vous donner des règles concrètesCouper les mails à une heure fixe, éviter les journées à rallonge, organiser votre semaine stratégiquement plutôt que de la remplir dès qu’un créneau se libère

Perfectionnisme au travail : les questions qu’on me pose le plus souvent

Faut-il se débarrasser complètement de son perfectionnisme ? Non, et ce n’est ni réaliste ni souhaitable : c’est souvent ce qui vous rend fiable et appréciée dans votre travail. L’enjeu est de le rendre soutenable, pas de l’effacer.

Le perfectionnisme est-il plus fréquent chez les femmes ? Il est en tout cas particulièrement travaillé dans mes accompagnements, souvent lié au besoin de faire ses preuves ou de ne pas être prise en défaut. Il rejoint d’autres mécanismes fréquents, comme le syndrome de la bonne élève ou le besoin de plaire, le syndrome de l’imposteur, ou encore le plafond de verre, quand le perfectionnisme se transforme en besoin de tout maîtriser avant d’oser évoluer.

Comment savoir si mon perfectionnisme a atteint un niveau problématique ? Un bon repère : s’il vous empêche de rendre un travail à temps, s’il vous épuise durablement, ou s’il vous fait éviter certains projets par peur de ne pas être à la hauteur, il a dépassé son utilité.

Cet article vous parle ?

Votre exigence vous sert, mais elle vous épuise aussi, et vous ne savez pas comment garder l’une sans l’autre ?

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Eleanor Peek
Eleanor Peek, coach carrière et leadership

Depuis 7 ans, j'accompagne les femmes à évoluer et performer avec confiance et sérénité sans s'épuiser, même dans des environnements exigeants. +225 femmes accompagnées · 59 avis Google 5★

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